Chapitres
Fariboles

Fariboles

Y‘ a-t-il encore de la place pour le doute, pour éviter de voir en face l’étendue de cette vérité barbare, l’ampleur de ce que la raison peut abandonner au raccourci d’une idée qui se réduisait il n’y a pas même un siècle, à éradiquer des peuples, parce qu’ils personnifiaient les problèmes de l’instant ? Là où le travail rendait lIbre, on commença par acheminer lesopposants politiques avant d’y enfourner des rom, des handicapés puis les gays et enfin tout ce que la Pologne pouvait signifier, à commencer par cette race – les slaves – qu’on on pensait réduire à l’esclavage et dont la racine du mot en soulignait l’évidence. Les premières perspectives parlaient de s’arrêter à l’Oural, mais on peut, sans pousser trop loin l’imagination, penser que les victoires estimées n’allaient, aux vues des traces qu’une telle structure ont laissé derrière elles, pas s’arrêter en si bon chemin. Face à cette organisation, cette quantification et le souci de déshumaniser pour mieux réduire en cendres notre substance commune, il n’y a que notre mémoire qui puisse agir en rempart. Ceux qui ne connaissent pas leur histoire pourraient bien en revivre les pires instants. N’oublions jamais que certaines enseignes qui prêchent pourtant des valeurs communément admises par le sommet, sorte de dominant dont l’alpha n’est qu’un raccourci vers l’irrationnel, sont un trompe-l’œil, une solution dont chacun pourrait en être le point final.

Nein, Arbeit macht nicht frei !

Sous leurs ailes, il fait bon établir sa famille et les femmes qui croisent leur chemin seront mères dans l’année ; voici dit-on dans le Bieszczady, ce qu’augure la frêle silhouette des cigognes installées sur les nichoirs qu’on leur dédient au sommet des poteaux électriques. Au-dessous, les habitants donnent au  type  caucasiens l’expression la plus proche de ce que je m’en faisait : des pommettes hautes, un regard clair et aigu au-dessus d’un menton fort. Des femmes fières, dont le blond ou le châtain me transporte vers des contrées plus fraîches, au sommet de cet arrondi souple qui découpe les champs d’avoine en de petits espaces que viennent séparer les bocages ou la jachère. En-deçà on atteint les limites de cette forêt baignée de lumière, sorte de fontaine végétale où filtre au travers du feuillage fluorescent des hêtres un air de jouvence originelle. On tombe, alors au détour d’une orée, sur cette trace fendue et lourdement ancrée au sol, des derniers bisons européens. Elle vous renvoie l’image de ces prairies libres et immenses qui déroulent leurs ondoyantes chevelures sur des hectares.

Mémoire génétique / Slate / Eric Leser – 2.02.2015

«La mémoire génétique est un savoir-faire complexe et une connaissance sophistiquée hérités parmi d’autres caractéristiques physiques et de comportement innées et considérées comme telles.»

Nous disposons d’un nombre important de talents et de connaissances que certaines maladies ou accidents révéleraient au grand jour en forçant certaines connexions.

En s’intéressant à la performance des autistes, le Dr. Darold Treffert en est arrivé à la conclusion que notre cerveau ne serait pas que l’adéquation de quelques instincts auxquels viendraient par la suite se greffer notre expérience. Notre mémoire serait en fait composée d’une partie « active » correspondante à ce schéma mais elle serait aussi génétique. Les histoires extraordinaires d’autistes géniaux accidentels viendraient en fait corroborer cette théorie.

L’intangibilité de la réalité est un concept que nos cinq sens ne peuvent percevoir, pourtant c’est là que se loge notre prolongement. Il faut oser croire à autre chose. La science n’est pas une religion, elle est l’écriture de ce paradoxe. La réduction dans laquelle s’opère la déduction est une balise, une porte qui s’ouvre sur une autre possibilité.

Incertitude, incomplétude* sont autant d’ouvertures sur des théories à inventer.

La complexité de notre compréhension est si grande qu’elle nous guide à vouloir déchiffrer ce qui aujourd’hui n’existe encore pas. En fait elle est le prolongement de ce qui aboutira au divin. Comme si toutes les âmes, le nombre de chose qu’on pense mortes pouvaient réapparaître sous une forme qu’il nous demande de réaliser. Sans nous, il n’apparaîtra jamais. En fait, Dieu n’existe pas encore, il nous reste à l’inventer.

Notre état oscille entre onde et particule, dans une dimension que nous appréhendons encore entre masse, vitesse, espace et temps.

Clairement nous sommes orientés dans cette trajectoire et j’ose espérer que les travers dont nous avons de la peine à nous extraire seront plutôt une piste vers d’autres dimensions qu’il reste à ouvrir.

L’univers est un, mais il n’est pas statique. Qui lui a donné l’impulsion première et si même cette réponse n’existait pas, alors comment sommes-nous derrière ces mots ?

Se transporter au-delà du réel c’est un peu rêver…. Et voilà que nous le faisons toutes les nuits.

Certaines questions n’est sont pas même, ou alors pourquoi   ne    nous   voyons-nous  jamais ? Habités d’un esprit irréel, nous possédons un corps dont nous ne voyons pas même ce qui nous importe le plus : le visage !

Tout ceci, pourrait paraître bien étrange au cartésianisme qu’on semble subir.

Pire encore, dans le prolongement de nos certitudes avérées, soudain l’amnésie de notre naissance vient s’inviter comme une déraison.

Il devient donc urgent de trouver une autre dimension à notre projet. Notre humanité, j’entends par là, cette horizon dont on croit avoir hérité, devrait prémunir notre monde – cette étendue qui couvre toutes les espèces, toutes les matières et leur prolongement- contre sa réduction. Nous sommes et j’englobe dans ce pronom tous les règnes du vivant, chargé de nous prolonger… voilà l’essence même de notre moteur, d’autres pourrait l’appeler âme, ce à quoi je souscris, sachant que j’en affuble les paysages, la matière, les couleurs et les vibrations qui me viennent de l’univers.

Beaucoup ont observé ce rythme animer les choses, sans jamais s’arroger la place divine, ils nous en indiquent simplement la composition. Quand bien même la mathématique tient à en gommer les contours, il n’y a pas de réponse certaine, il y a surtout énormément de vide à combler, ce même vide dans lequel nos rêves nous font planer…. Cet espace au bout duquel rien n’est jamais fini.

 4 NOVEMBRE (complétement inspiré de La Formule de Dieu écrit par José Rodrigues dos Santos)

 

La servitude moderne est une servitude volontaire, consenti par la foule des esclaves qui rampent à la surface de la terre, ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises qui les asservissent toujours un peu plus, ils courent eux-mêmes derrière un travail toujours plus aliénant que l’on consent généreusement à leur donner, s’ils sont suffisamment sages. Ils choisissent eux-mêmes les maîtres qu’ils devront servir. Pour que cette tragédie mêlée d’absurdité ait pu se mettre en place, il fallu tout d’abord ôter aux membres de cette classe toute conscience de son exploitation et de son aliénation. Voilà bien l’étrange modernité de notre époque. Contrairement aux esclaves de l’antiquité, des serfs ou aux ouvriers des premières révolutions industrielles. Nous sommes aujourd’hui devant une classe totalement asservie, mais qui ne le sait pas ou plutôt ne veut pas le savoir. Ils ignorent par conséquent la révolte qui devrait être la seule réaction légitime des exploités. Ils acceptent sans discuté la vie pitoyable qu’on a construit pour eux. Le renoncement et la résignation sont la source de leur malheur. Voilà le mauvais rêve des esclaves modernes, qui n’aspirent finalement qu’a se laisser aller dans la danse macabre du système de l’aliénation.
Montrer la réalité telle qu’elle est vraiment et non telle que présenté par le pouvoir constitue la subversion la plus authentique. Seule la vérité est révolutionnaire.
L’urbanisme est cette mainmise sur l’environnement naturel et humain par le capitalisme qui, se développant logiquement en une domination absolue, peut et doit maintenant refaire la totalité de l’espace comme son propre décor.

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