Chapitres
Fariboles

Air du temps

La production de la voiture la moins chère du monde (EUR 1,500) TATA Nano à été arrêtée en Inde. L’argument du pirx s’est transformé en échec maketing, car elle était considérée comme la voiture du pauvre dans un pays où le statut social compte beaucoup.

D’une manière générale, la richesse des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards l’an dernier, en progression de 12 %, soit de 2,5 milliards de dollars par jour, tandis que les 3,8 milliards de personnes qui composent la moitié la plus pauvre de l’humanité ont vu leur richesse diminuer de 11 %, comme le révèle un nouveau rapport d’Oxfam publié aujourd’hui

Services publics ou fortunes privées montre à quel point le fossé qui se creuse entre riches et pauvres nuit à la lutte contre la pauvreté et à nos économies, et attise la colère publique dans le monde entier. Les gouvernements exacerbent les inégalités, d’un côté en sous-finançant les services publics, tels que la santé et l’éducation, et de l’autre en sous-imposant les grandes entreprises et les individus fortunés et en renonçant à combattre efficacement l’évasion fiscale. Les femmes et les filles sont les plus durement touchées par la hausse des inégalités économiques.

Le nombre de milliardaires a presque doublé depuis la crise financière, avec un nouveau milliardaire tous les deux jours entre 2017 et 2018, alors que les taux d’imposition des individus fortunés et des grandes entreprises n’ont jamais été aussi bas depuis des décennies.

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Popultristes

Des ouvriers frappés par la désindustrialisation établis dans des zones rurales et les petites villes périphériques ou une classe sociale définie aujourd’hui par son faible niveau d’instruction, voici ce qui semble être le principal dénominateur commun de la vague populiste qui nous fait boire la tasse.

Selon Francis Fukuyama, ces phénomènes sont la conséquence directe de la mondialisation et des avancées technologiques, elles-mêmes produits de l’ordre mondial libéral -soit un système d’échange réglementé d’investissements et de commerces transfrontaliers- initiés depuis 1945 et sans cesse améliorés depuis. C’est le carburant de la croissance mondiale, la consommation en étant le moteur, la mobilité des masses laborieuse et l’ouverture des frontières commerciales servant de traction.

Par l’accélération des circuits de distribution, des produits conçus en Occident, puis assemblés dans des pays émergents inondent, après des campagnes promotionnelles ciblées, les zones de distributions auxquelles elles sont destinées. L’efficacité sans cesse améliorée des moyens d’échanges, maximise la pénétration, soutient l’effet de modernisation, et marginalise les personnes qui en sont privé (ou le refuse).

Ce modèle soustrait aux personnes les moins qualifiées un emploi auquel nos structures font référence. En effet, aujourd’hui le chômage est ressenti comme une perte d’identité citoyenne, une chute dans l’échelle sociale, une sorte de handicap, vécue comme un échec et mal accompagnés par les structures qui devraient y répondre. Il est évident que les assurances chômage n’offrent guère d’alternatives et restent encore largement en-dessous des attentes. Personne, jusqu’à présent n’y voit un ressors potentiel de reconversion ou une offre pour d’autre chose que des solutions bricolées par l’urgence.

Cette soustraction d’emploi « moins qualifié » est encore accentuée par l’afflux d’émigrants, fuyant des pays dévastés par des régimes en guerre (parce que défiée par une population privée de perspectives) ou quittant des zones économiques accaparées par des élites profitant de leur position sans autre contrepartie qu’une redistribution par la corruption.

Mais ces réfugiés sont nos semblables, notre reflet, ils nous observent de l’autre côté du miroir, et voici comment ils nous perçoivent :

Le Nord est une épreuve, une destination vers l’ennui. Dans le climat froid, les européens souffrent de dépression, un mal profond qui atteint les racines de leur esprit fatigué. L’hiver ils déambulent tels des spectres blancs recouverts d’une chaire humaine tremblante de solitude. Pressés de rentrer chez eux, ils laissent les rues vides comme de belles ruines propres et ordonnées.

Moi réfugié je ne pourrais m’intégrer nulle part tant que mon pays sera en feu, il s’agit tout bonnement de bon sens. Nos familles, amis, rues, souvenirs, musique, religion, nation, frontières, industries, traditions, accents, littérature, convictions, voix de nos ancêtres, photos et tombes, tout ce qui nous concerne de près ou de loin, disparaît comme s’il n’avait jamais existé.

N’est-ce pas ces valeurs qu’on inculque à n’importe quel humain ? Notre intégration est perçue comme une privation de leurs racines.

Gardons à l’esprit que demain ce pourrait être chez eux que nous devrions nous abriter.

Si les mafias, les gangs, les passeurs prospèrent dans de nombreux pays, c’est par l’utilisation des mêmes barres de fraction, des mêmes dénominateurs : niche de marché, affaiblissement de la concurrence, exploitation des faiblesses structurelles, coercition, levier et lobbies. Hormis sa brutalité, ce marketing poursuit les mêmes objectifs, l’enrichissement et la domination du segment.

En ce sens, ce capitalisme à quelque chose d’impitoyablement féodal (et consanguin, à en croire le nom des élites se perpétuant depuis presque un siècle maintenant).

Eludant l’analyse, la réponse brandie par les populistes est le repli identitaire ou national. On agite le drapeau comme dans le virage nord d’un stade, comme si celui-ci allait soudainement influencer le score, comme si les frontières abritées derrière un rideau de fer à géographie variable (les ennemis d’hier redeviennent nos amis, mais le seront-ils encore demain), allaient soudainement stopper la machine. Le Brexit en est la parfaite illustration, un ex pays colonial, fondateur du Commonwealth où l’hégémonie de sa monarchie (le portrait de sa reine illustre encore de nombreux billets hors de ses frontières nationales) et le prix qu’elle engendre  ne soulève aucune question,  en vient soudainement à s’extraire d’une communauté, dans l’espoir d’un retour arrière le préservant d’un futur dont il n’est désormais plus maître.

Derrière la simplification populiste, se dissimulent des systèmes doutant de leur grandeur, des hégémonies menacées, une asphyxie des ambitions. Pourtant, on perçoit mal comment la renégociation des accords et le repli identitaire, peuvent tendre à une nouvelle grandeur.

Depuis 1970 et jusqu’à la crise de 2008, la production mondiale des biens et des services a été multipliées par quatre, sortant ainsi des millions de personnes de la pauvreté, mais accélérant la consommation et son impact sur notre environnement. L’activité planétaire s’est ainsi emballée et son élan, bien que ralentie (cette décélération alimentant le populisme) a nourri l’espoir des personnes qui y voyaient une possibilité de s’extraire de leur condition.

Jamais l’argent n’a été si bon marché… En doutiez-vous ?

Aujourd’hui, force est de reconnaître que le bénéfice de ce système ne s’est pas diffusé à la population entière, au contraire la crise de 2008 a accentuée un phénomène déjà constaté au tournant du siècle passé, la financiarisation de l’économie aggrave la disparité des revenus.

Tandis que certains dont le profil ne présente aucun risque, bénéficient d’une manne (taux négatifs) dopée par son degré d’efficacité (banque en ligne, trading haute fréquence) on imagine sans peine, quelles difficultés doivent être celle d’un syrien pour l’obtention d’un crédit.

Cette démocratie libérale n’a offert qu’un confort matériel à une partie de ses citoyens oubliant par ce travers qu’une nation a besoin d’idéal comme d’utopie pour se projeter dans l’avenir et offrir à son environnement social ou naturel un développement pérenne.

L’équilibre de ce système n’est pas basé sur l’échange comme il donne à croire, mais sur le bénéfice généré. Il est difficile d’y voir un exercice à somme nulle, comme l’utopie libérale voudrait le vendre…

Décembre 2016

Quand on lit dans la presse, les regrets diplomatiques suite aux dommages collatéraux, les justifications sucrées face aux calamités écologiques, les excuses face à la dure réalité économique, on ne peut s’empêcher de se dire qu’aujourd’hui le poids donné aux mots ne pèse plus bien lourd.

Secrétaire d’Etat, Ministre des finances,  Président pris dans les scandales de pots-de-vin, candidats noyés dans leurs promesses, militaires, élus, journalistes achetés par les lobbies, scientifiques dénigrant le réchauffement, économistes occultant l’inévitable, médecins jouant du diagnostic, partenaires perdues entre sentiments et pulsions.

On écrit, on s’exprime, parce que le verbe est sensé décrire l’esprit, épancher le sentiment, verrouiller la démonstration et surtout donner à l’orateur un statut distinct : il monopolise l’attention, construit l’argumentaire, pousse à la réflexion et amène la conclusion …

Mais plus personne ne se soucie d’esprit, de ligne claire, d’idéal – au contraire, ces mots sont devenus l’apanage de ceux qui désabusés, balbutient ou récitent des vérités dont plus personne ne cherche de sens.

L’heure est à la circonlocution, au double-langage, à l’incomplétude générale.

Il n’est plus question d’imposer des idées, de la substance ou simplement un modèle. Tout est sujet à l’éphémère. Nos développements sont à l’aune de la consommation. Il semblerait que dorénavant il y a une date de péremption à tout. La fraîcheur n’est plus celle de la matière mais celle du contexte, du push et de l’instantanéité.

La vitesse d’obturation et la rafale sont les déclics du discours contemporain. On assiste impassible et mortifié à des talk-shows où la portée du contenu résonne le temps d’un court écho, puis s’étiolent dans le bruit d’un siècle dont on retiendra les contradictions et les paradoxes en cascade.

Nous vivons à l’air du communiqué, de la rhétorique publicitaire, du slogan politique, de la phrase assassine et du texto lacunaire, alors que toutes les idées ont besoin de temps, celui de l’expérience et du développement.

Tous les discours ont besoin d’empirisme, de conviction et de projection.

C’est terrible comme Brel me manque.

Septembre 2016

Wall

Dieu existe-t-il ?

Seulement 14% des philosophes interrogés ont la foi. Et la situation est encore pire chez les scientifiques où ils ne seraient que 7% ! Les croyances, doctrines religieuses et autres révélations sont aujourd’hui considérées par une majorité de grands intellectuels comme des légendes. [Slate.fr, août 2016]

L’homme aurait développé la capacité de dominer et comprendre la nature par l’usage de la raison, par la démonstration, la mécanique, au travers de logique ou de la lecture rationnelle des évènements. La science explique ce qui nous dépasse et abat le secret que certains dogmes dressaient, comme un rempart, dans le souci d’en renvoyer au miracle.

Elle nous a émancipé du religieux, cette construction devenue obèse par les siècles et dont on a utilisé l’inertie pour nous maintenir au sein du troupeau.

D’aucun explique cette attirance universelle pour le sacré par une origine biologique que confirme la science. La religion aurait donné un avantage en termes d’évolution et contribué à la survie, en augmentant la cohésion sociale.

Donc, le divin, ou notre dimension spirituelle semblerait agir par son essence même, c’est-à-dire par la projection qu’il offre à notre esprit, par l’opportunité qu’il nous offre d’appréhender l’abstrait. L’esprit ou peut-on utiliser « âme » aurait cette capacité de nous prolonger ?

La conquête spatiale, l’infiniment petit, l’éthologie, les connexions que nous cherchons à établir avec les extra-terrestres, aurions-nous tenté ces expériences sans être guidé dans cette quête par un absolu transcendant largement les limites de la réalité ? Il faut laisser à notre esprit le droit de vagabonder, saisir le subliminal dessiné dans les nuages ou lire ces frissons qui parcourent le blé. Peu importe à quoi il se raccroche, la chimie amoureuse, le sentiment de peur, le message d’un tarot, ce sont des signes dont je me demande ce que peut en penser les scientifiques. Croire en Dieu c’est aussi tâter de l’impermanence, traverser l’instant pour ce qu’il est sans forcément y chercher un ordre, une séquence ou un volume.

Sans sa trace, il n’y a pas beaucoup d’issue au néant. Posons-nous la question de savoir ce que nous voulons trouver de l’autre côté. Un long silence, une fin semblable au choc qui nous fait perdre conscience, l’acouphène si caractéristique des commotions ?

On pourrait bien mourir faute d’imagination !

Nous avons besoin d’un sur moi, d’un tatouage, d’un collier, de peintures sur la paroi de notre esprit. La science explique, décortique, analyse, mais nous avons besoin aussi de fantastique, d’incroyable ou simplement du ressenti devant une toile ou sur un air de musique. Nous avons tous un jour fermé les yeux en priant pour un miracle ou tout simplement réussir. Nous croyons à la chance, mais y’a t-il moins logique que ce concept ? A ce moment, nos sens quittent le rationnel et rejoignent un point où ils flottent, un court instant, libres avant de n’avoir jamais existé …

Je ne suis pas un croyant convaincu – mais il y a un équilibre universel auquel je voudrais adhérer, un fil ténu agissant comme une suture sur les lèvres du fanatisme, mais sur celles aussi de l’expérimentation animale, du monopole – semences, hydrocarbure, finance-, sorte de séquestration adoubée par l’expertise scientifique. Ce concept ne tente-t-il pas de s’imposer comme une nouvelle religion, avec ces démonstrations, ces miracles et ces grands prêtres ?

La science sans religion est boiteuse, mais la religion sans science est aveugle A. Einstein.

Selon un rapport des Nations Unies des 20 pays au monde où la qualité de la vie est la meilleure, on retrouve généralement des nations où le poids de la religion est le plus faible.

Août 2016

La loi du nombre

Parfois, même après avoir puisé dans mon solde de patience, je ne me supporte plus…Donc je tape dans mon maigre stock de courage et surtout dans celui de l’abnégation. Evidemment, ce phénomène n’augure rien de bon pour la suite et j’imagine qu’avant Alzeimer, je risque de finir schizo. Avec un peu de bol, ces maux s’annihileront l’un l’autre, se renverront la balle dans un genre de passe à trois, ou les deux premiers la joue perso et le troisième tente de retrouver ses clés.

Aujourd’hui je suis frappé par mon incrédulité : on m’a rabâché que notre époque était celle d’un égoïsme forcené, couplé à un individualisme fanatique. Personnellement d’ailleurs, je ne supporte que mes propres ronflements. Eh bien, et c’est là où j’voulais en venir -si l’autre dans ma tête me lâchait la bride – je constate navré, que tout ceci tient de l’argument publicitaire, façon tuning autorisant les visiteurs du salon de l’auto à se sentir exister, comme si la mesure d’une jante préfigurait celle de leur virilité.

En fait pas du tout, l’homme, à l’instar du cheval est un animal grégaire. Evidemment, nous cultivons notre place dans le troupeau avec notre style propre, un peu bourrin, fascinés par nos envies, les pouliches, nos échecs, nos victoires et nos broutages.

Qu‘est-ce qu’un stade surbondé d’hipster islandais. Que prouvent 17 millions de britanniques candidats au Brexit voyant leur leader détaler ? Un nombre, cet ensemble sans lequel nos valeurs s’éparpillent, s’étiolent et perdent de leur cohérence. Malheureusement un fois le match fini, on ne retrouve pas toujours la sortie, ni même le nom du buteur.

D’ailleurs où voulais-je en venir ? Ah oui, le nombre et cette envie d’en faire partie. Les grands messes, les mariages, les referendums et les matchs dont on sait à l’avance qu’ils vont foirer.

Courir ensemble derrière une idée ou un ballon, suppose d’être bien accompagné, ce qui, me concernant risque de s’avérer difficile. Le peu de place est déjà prise et en plus il ronfle … [.juillet 2016]

(…) Des puissances occidentales qui ne sont plus les meilleures dans la course économique mondiale et qui, telles l’URSS dans les années 50, préfèrent monter un mur entre elles et cette concurrence jugée déloyale ; On peut y voir un parallèle avec la montée du nazisme : un système économico-politique capitaliste dont les excès créent un rejet profond et qui peu à peu développe une idéologie de puissance justifiant la concentration de pouvoir et d’argent caractéristique de leur fonctionnement. De même que l’idéologie nazie était en effet bien partagée dans tous les circuits de pouvoir européens et pas seulement en Allemagne, l’idéologie de puissance véhiculée par les États-Unis séduit de nombreux Européens proches ou à l’intérieur des cercles de pouvoir, en particulier à Bruxelles(…) (GEAB No 87 – 15.09.14)

L’horreur des décapitations à répétition des otages aux mains des islamistes, nous donne la mesure du drame que vive les populations sous la coupe de toutes les tyrannies, de quelque obédiences fussent-elles…

C’est la Daech

La genèse de groupes comme Al-Qaida ou l’EIIL, Daech, ne s’explique pas uniquement par les manipulations de l’islam par les islamistes. Il faut y ajouter l’oppression des régimes en place, dont la brutalité et l’arbitraire n’ont ou n’avaient, rien à leur envier.

La seule différence est que ces derniers se plient entièrement aux exigences des grandes puissances au détriment de leur population poussée dans la paranoïa.

La paranoïa est un mélange de sentiment de victimisation, d’arrogance et de désarroi.  / c.i. 10 – 16.07.2014 / Yassine Al-Haj Sleh 

On enfonce le clou

Certains mots sont des gravats sous lesquels des peuples entiers reposent en martyrs.

Nous attendons la guerre avec résignation. Peu importe le prétexte, ou même le pays. Si la guerre n’a pas lieu aujourd’hui en Syrie, elle éclatera ailleurs demain. (…)Les guerres ont bien changé. Leur but n’est plus la victoire sur l’ennemi, mais l’hostilité permanente (…) On donne des armes aux rebelles, on finance les opposants, mais ce n’est pas par adhésion à leur idéologie séparatiste ou aux croyances religieuses locales. (…) La particularité de la période actuelle est toutefois qu’on ne cherche plus à vaincre l’ennemi. (…Il n’y a pas et il ne peut y avoir de consensus mondial qui viendrait à bout du tumulte des choix démocratiques. Personne ne prétend désormais à la stabilité, car celle-ci ne fait plus partie des valeurs sociales. Il y a cent ans, on plaçait des territoires sous mandat ou sous tutelle ; ces pratiques n’ont plus de sens aujourd’hui, la stagnation est synonyme de dépérissement. Au moment d’évaluer les opérations menées en Irak ou en Afghanistan, on estime que les objectifs de la guerre n’ont pas été atteints, et on continue les combats – un vrai fiasco, direz-vous. Mais les vrais objectifs sont justement atteints : l’objectif, c’est la guerre civile permanente, l’instabilité, l’agitation. On ne cherche même plus à s’approprier les richesses de tel ou tel pays : elles iront directement dans la poche du plus malin lorsque la souveraineté du pays sera réduite à néant. Ce que l’on appelle dans le jargon politique la “consolidation démocratique” et une planification rectiligne et universelle du progrès, voilà l’objectif des guerres modernes. Seulement, ce n’est en rien la consolidation d’un ordre, mais au contraire la consolidation du chaos permanent. Car l’économie libérale moribonde ne peut survivre que par la manifestation du chaos généralisé. Le commerce mondial repose précisément sur ce principe : il est admis que l’équilibre naît du chaos, la notion économique du “juste prix” découlant de la libre concurrence des marchés. Cela n’a jamais été prouvé, et les prix de l’immobilier à Moscou tendent à montrer le contraire(…)Nous vivons décidément une drôle d’époque, où le joli mot de “démocratie” en effraie plus d’un. On échoue à réduire à un seul dénominateur commun cent cultures, mais on a réussi à mettre le feu à la planète entière en acceptant le paradoxe d’un marché mondial démocratique. Le spectateur naïf est éprouvé par le discours de crise que tiennent les dirigeants de ce monde. L’humanité serait en danger, il faudrait établir un plan de sauvetage… sauf qu’il n’y a pas de plan (…) L’Occident est la première victime de son idéal démocratique, de cette noble idée pour laquelle les plus grands hommes de l’histoire européenne ont sacrifié leur vie et qui se décompose sous nos yeux. Afin de stopper la guerre, il faudra renoncer à une foi aveugle dans le progrès et le libéralisme. Il ne suffira pas de vider les bulles spéculatives, il faudra percer une bulle bien plus redoutable : celle de l’idéologie.  Maxim Kantor, 6 septembre 2013 (…extraits / Expert)



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Russie

« (…) Je dirais  que l’actuelle Russie est un zombie rafistolé à partir du cadavre de l’Union soviétique. Ils ont déterré une dépouille mutilée, ils l’ont fourrée d’économie de marché et d’idéologie artificielle, ont rempli ses veines de pétrole brut, et voilà, regardez, elle marche à nouveau ! Elle a même faim. Est-ce l’URSS ? Je ne crois pas. Plutôt une république bananière qui possède des armes nucléaires. Je crois que les dirigeants et les citoyens sont nostalgiques de la puissance soviétique perdue. Tous ont le sentiment que l’URSS avait une mission, un but. Elle était crainte et respectée en même temps – deux concepts que nous, les Russes, avons tendance à confondre, comme chacun sait. Or, aujourd’hui, la Russie est perçue [à l’extérieur] comme un pays gouverné par des bandits : elle est méprisée plus que respectée. Une petite annexion [comme celle de la Crimée] et tout pourrait rentrer dans l’ordre, nous serions de nouveau respectés à l’étranger. Ou bien ce sera de la peur ? Peu importe, nous nous en foutons(…) ».

D. Gloukhovski – juin 2014

Why we fight (un film de 2005 que j’ai découvert aux hasard des rues d’Edimbourg cet automne 2014)

Lors de son discours d’adieu à la présidence Dwight D. Eisenhower alors Président des US (et chef d’Etat-Major des forces armées ainsi qu’ancien commandant des forces alliées en Europe durant la seconde guerre mondiale) fait ce constat : «Nous avons été forcé de créer une industrie militaire permanente d’une vaste proportion qui compte aujourd’hui 3.5MM de personnes. Cette conjonction d’un complexe militaro industriel de cette proportion est nouvelle et nous reconnaissons les impératifs de ce nouveau développement, mais nous ne devons pas oublier ces sérieuses implications. » Le contexte politique de l’époque et le risque soivétique oriente alors la politique américaine vers une militarisation constante

We living here in United States of Amnesia : nobodies remember anything before last Monday morning Gore Vidal – “Imperial America”

Charles Lewins (Center for Public Integrity) “Nous abritons nos interventions derrière des mots comme liberté ou démocratie alors que souvent leurs raisons relèvent plutôt d’intérêts privés. Nous nous battons comme une nation qui défend ses intérêts et pas forcément des valeurs».

Dès la chute de l’URSS, les US développent une stratégie de super puissance, capable d’imposer au monde sa suprématie militaire. Lors de la 2ème guerre du Golf elle trouve le prétexte de la tester.

Quand l’opportunité de profits est de cet ordre, elle légitime forcément des options guerrières.

SCENARIO

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